Le vaccin anti Covid–19
Publication 14 janvier 2021

Le vaccin anti Covid–19

Vos questions - Nos réponses 

Le premier vaccin contre la COVID-19 (celui développé par Pfizer and BioNTech) a été autorisé le 21 décembre par l’agence européenne du médicament et les autorités européennes. D’autres vaccins devraient suivre le même chemin dans les prochaines semaines. Le processus de vaccination contre la COVID-19 peut donc débuter dans notre pays, comme dans l’ensemble des pays européens, accompagné d’une campagne d’information.

Parce que nous sommes bien conscients que ce vaccin suscite encore beaucoup de questions, bien légitimes, de la part d’une grande part de la population, dont vos travailleurs font peut-être partie, nous avons rassemblé sur une page web quelques questions auxquelles nos experts peuvent d’ores et déjà apporter des réponses les plus claires et les plus transparentes possible, en l’état actuel des connaissances. Vous pouvez les retrouver ci-dessous. Ces informations seront régulièrement mises à jour en fonction des dernières informations disponibles.
 

 

1. Pourquoi se faire vacciner ?

Le vaccin constitue aujourd’hui un outil essentiel pour parvenir à maitriser la pandémie de COVID-19, un enjeu devenu une véritable urgence pour la santé publique. 

En se faisant vacciner, tout en maintenant les gestes barrières et le port du masque durant une période déterminée par l’évolution de la maitrise de la pandémie, nous parviendrons, ensemble, à protéger les personnes les plus vulnérables face à la maladie et in fine, à retrouver une vie normale.  

2. L’objectif de la vaccination contre la COVID-19 

L’objectif est d’atteindre une immunité COLLECTIVE de la population belge. Grâce aux anticorps qui auront été produits en réponse à la vaccination, le virus sera détruit.  La transmission dans la population va dès lors diminuer. En parvenant à vacciner 70% de la population, le virus a donc moins de « chances » de trouver un hôte non vacciné et donc de survivre et de se transmettre de personne en personne.
 

3. Quel vaccin allons-nous administrer ?

Grâce à une étroite collaboration entre différents chercheurs du monde entier, différents vaccins ont pu rapidement être développés, tout en assurant les contrôles sanitaires nécessaires. 

Cohezio administrera, en fonction de leur arrivée sur le marché belge, les vaccins autorisés par les autorités compétentes (Administration Européenne Médicament (EMA) et Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé (AFMPS).
 

4. Qui va administrer le vaccin aux travailleurs ?

Selon l’âge et l’appartenance du travailleur à un groupe professionnel particulier, l’administration du vaccin se fera soit par un conseiller en prévention – médecin du travail, soit par les infirmiers de Cohezio, en présence d’un conseiller en prévention – médecin du travail.
 

5. Dans quelles conditions ?

Dès qu’ils quittent l’usine Pfizer de Puurs en Belgique, les vaccins de Pfizer and BioNTech sont envoyés dans différents centres hospitaliers, conservés dans des frigos spécialisés maintenant une température constante de -75°C. En fonction de la demande, les vaccins sont dégelés en quantités limitées, acheminés et administrés dans les 5 jours suivants la décongélation dans les centres où doivent être réalisées les vaccinations.

Le vaccin Pfizer/BioN/tech est administré en deux temps, avec une période de 21 jours entre les deux doses

Pendant et suite à la vaccination, la communauté scientifique reste très attentive à l’évolution de la santé publique. Sciensano et l’Agence Fédérale des Médicaments et des produits de santé collaborent à un plan de surveillance.

Le vaccin est gratuit, le coût étant pris en charge par les autorités fédérales et les entités fédérées.
 

6. Sera-t-il obligatoire ?

Non, se faire vacciner contre la covid-19 n’est pas obligatoire et aucun employeur ne peut obliger ses travailleurs à se faire vacciner. Ce serait une violation du droit à la vie privée et du droit à l’intégrité physique garantis par la Convention européenne des droits de l’Homme et la Constitution belge.
 

7. Que savons-nous des vaccins qui ont été développés ?

Il y a trois types de vaccins qui ont été développés :

  • Vaccins à base d’ARN messager (par exemple Pfizer and BioNTech, CureVac et Moderna)
  • Vaccins à vecteurs viraux (par exemple AstraZeneca en Janssen (Johnson & Johnson))
  • Vaccins inactivés

Les vaccins contre la COVID-19 répondent aux mêmes exigences strictes que tous les autres vaccins. Une autorisation de mise sur le marché n'est accordée que lorsqu'il existe des preuves suffisantes que le vaccin est de bonne qualité, efficace et sûr.

Le vaccin Pfizer and BioN/Tech a une efficacité prouvée de 95 %.

Le vaccin protège autant les personnes âgées de 55+ que les plus jeunes. 
 

8. Comment se fait-il que le vaccin ait pu être développé si rapidement ? Les vaccins sont-ils donc toujours fiables ?

Il n'y a absolument aucune raison de croire que les vaccins ne sont pas fiables. Le processus qui est toujours suivi dans le développement de nouveaux vaccins a également été suivi dans le cas du vaccin COVID-19, seules les différentes étapes se chevauchent maintenant partiellement au fil du temps. Aucune étape essentielle n'a donc été ignorée. De plus, le développement du vaccin  COVID-19 repose sur les résultats antérieurs de recherches sur des virus ressemblant au virus  SARS COV 2, en particulier le premier virus SARS COV et le MERS coronavirus.

L'utilisation de la technique de l'ARN a également permis de gagner beaucoup de temps. Le code ARN génétique du virus étant connu depuis le début l'épidémie de COVID-19, il a été possible de commencer à fabriquer le vaccin immédiatement. Avec les vaccins traditionnels, il faut d'abord rechercher les morceaux de virus qui sont vulnérables et contre lesquels il faut pouvoir produire des anticorps. Ensuite, ces morceaux doivent être copiés, mais ces morceaux du virus sont très difficiles à fabriquer à cause de leur structure 3-dimensionnelle, extrêmement complexe . Et cela prend très longtemps. Ce temps n'a pas été perdu cette fois. Il n'est pas improbable que cette technique d'ARN soit utilisée à l'avenir pour contrôler rapidement les pandémies causées par d'autres virus. En fait, c'est peut-être notre seul choix et la norme à l’avenir.

Il y a une autre cause importante du développement rapide : le financement ! Tous les gouvernements du monde entier ont soutenu financièrement le développement du vaccin en achetant des vaccins avant même qu'ils ne soient entièrement disponibles. Encore une fois, parce qu'une vaccination adéquate est le seul moyen de revenir à une vie et société normales. Sans vaccination, nous ne pouvons pas retourner à une vie ou société normale.

Ainsi, toutes les sociétés pharmaceutiques ont donné la priorité absolue au développement de ce vaccin COVID-19, et ont mis le développement d'autres vaccins en veilleuse. 10 fois plus de personnes et de ressources ont été déployées, ainsi que les derniers moyens technologiques, il est donc logique que le développement du vaccin soit allé 10 fois plus vite.
 

9. Que savons-nous des effets secondaires ?

Comme tous les médicaments, les vaccins peuvent provoquer des effets indésirables mais ils ne surviennent pas chez tout le monde. Les effets indésirables du premier vaccin, celui de  Pfizer and BioN/Tech, sont généralement légers à modérés, tels que de la fièvre, de la fatigue, des maux de tête ou une réaction locale (douleur, rougeur, gonflement).

Selon l’étude officielle réalisée sur 44.000 participants : 5 personnes sur 6 éprouvent une douleur locale à l’endroit de l’injection, 2 sur 3 de la fatigue, 1 sur 2 des maux de tête, 1 sur 3 des douleurs musculaires, 1 sur 8 fait de la fièvre.

La cause principale de ces effets secondaires, c’est l’utilisation de la technique ARN. Les molécules d'ARN sont fragiles et doivent être dissoutes dans des microgouttelettes de graisse afin de bien les conserver. Ce microgouttelettes de graisse peuvent par contre augmenter le risque d’effets secondaires de courte durée.

Ces symptômes disparaissent d'eux-mêmes en quelques jours ou peuvent être si nécessaire soulagés par la prise d’antidouleurs/antipyrétiques aux doses habituelles.

Dans de rares cas, une réaction plus sévère peut également être observée. Le risque d’effets indésirables graves ou de longue durée est très faible, mais ne peut jamais être exclu. Cela s'applique non seulement aux vaccins contre la COVID-19, mais aussi à tout médicament, y compris tout vaccin.

Vous pouvez signaler vous-même les effets indésirables suspectés via www.notifieruneffetindesirable.be. 
 

10. Quelle sera la durée de protection du vaccin ?

La science ne pouvant aller plus vite que le temps, il faudra certainement attendre les premiers résultats des diverses recherches en cours pour connaitre la durée de l’immunité acquise grâce à la vaccination. Mais bonne nouvelle : il est généralement accepté que le SARS COV-2 mute moins vite que le virus influenza (grippe). On peut donc espérer une protection plus longue. En plus, l’efficacité (95%) est plus grande que le vaccin contre la grippe (entre 45-80%, variable d’une année à l’autre).
 

11. Dois-je passer un test de dépistage à la COVID-19 avant de me faire vacciner ?

Non, vous ne devez pas vous faire dépister pour savoir si vous avez des anticorps avant la vaccination. Même si vous êtes infecté(e) sans le savoir, le vaccin peut être administré en toute sécurité.
 

12. Je fais des allergies. Puis-je me faire vacciner ?

Il est préférable de ne pas vous faire vacciner si vous êtes sujet(te) à des réactions allergiques sévères (par exemple, un choc anaphylactique) à l’un des composants du vaccin. Discutez-en avec votre médecin traitant. Les vaccins ne contiennent pas de conservateurs. Le bouchon du flacon dans lequel se trouve le vaccin n’est pas en latex. Par conséquent, les personnes allergiques au latex peuvent recevoir le vaccin en toute sécurité.
 

13. Je suis enceinte ou je désire tomber enceinte. Est-ce que je peux me faire vacciner ?

Les quelques données dont nous disposons actuellement montrent qu’il n’y a pas de problèmes de sécurité pour que la vaccination se fasse durant la grossesse. Toutefois, les preuves sont encore insuffisantes à ce jour pour pouvoir recommander la vaccination contre la COVID-19 aux femmes enceintes. Si vous êtes enceinte, il n’est donc pas conseillé de vous faire vacciner, à moins que votre médecin ne juge que dans votre situation, les avantages de la vaccination l’emportent sur les risques éventuels.

Il est déconseillé aux femmes se faisant vacciner de tomber enceintes dans les deux mois suivant la seconde dose du vaccin. Il est conseillé de vérifier si vous êtes enceinte avant de vous faire vacciner (via une anamnèse ou un test de grossesse en cas de doute).

Si vous découvrez que vous êtes enceinte après avoir reçu la première dose du vaccin, la grossesse sera prioritaire. Vous ne recevrez alors la seconde dose du vaccin qu’après la grossesse. Il en va de même pour l’allaitement qui est prioritaire à la vaccination contre la COVID-19. La vaccination sera alors reportée jusqu’au moment de l’arrêt de l’allaitement, à moins que votre médecin ne juge que dans votre situation, les avantages de la vaccination l’emportent sur les éventuels risques.
 

14. Puis-je recevoir le vaccin anti-COVID-19 si je suis malade (chronique) ?

  • Si vous avez des symptômes légers, il est préférable de vous faire vacciner.
  • Si vous êtes vraiment malade ou que vous savez que vous êtes infecté(e) par le coronavirus, il est alors préférable de reporter la vaccination et de l’effectuer 2 semaines après votre rétablissement. En cas de doute, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin traitant.
  • Si vous avez une maladie grave ou une maladie de longue durée, il est alors fortement recommandé de vous faire vacciner contre la COVID-19 pour vous protéger des complications graves en cas de contamination. Être atteint d’une pathologie chronique ne constitue pas une contre-indication à la vaccination contre la COVID-19.
     

15. Je suis vacciné(e). Est-il possible d’être infecté(e) par la COVID-19 ?

La probabilité est faible, mais il peut en effet arriver d’être positif à la COVID-19, même après avoir été vacciné. Dans ce cas, voici ce qui se passe :

  • L’organisme a besoin de 10 à 14 jours après l’injection de la première dose du vaccin pour fabriquer des anticorps et pour que la protection commence à être efficace. Si toutefois vous êtes exposé(e) au virus durant cette période, votre système immunitaire n’étant pas encore suffisamment stimulé par le vaccin, vous pourrez alors être infecté(e) par le virus.
  • Tout comme les autres vaccins, celui contre la COVID-19 ne garantit pas une protection à 100% contre le virus, même après avoir reçu la seconde dose. Après une vaccination complète, les vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna démontrent une protection de 94 à 95 %.
  • Comme on ne vérifie pas si la personne est porteuse du virus au moment de la vaccination, il est possible que la personne était déjà contaminée au moment de la vaccination et qu’elle soit positive au COVID-19 – et développe, le cas échéant, la maladie – peu de temps après l’administration de la première dose du vaccin contre la Covid-19. Cela s’explique du fait qu’au moment de la vaccination, la personne était encore en période d’incubation.

Même après avoir été vacciné, il est donc très important de veiller à continuer à respecter toutes les règles de sécurité.
 

16. Combien de temps faut-il laisser s’écouler entre le vaccin contre la COVID-19 et d’autres vaccins ?

La règle générale qui s’applique dans ce cas est celle des vaccinations réalisées avec des vaccins non vivants : le vaccin COVID-19 peut être administré 2 semaines avant ou 2 semaines après un autre vaccin non vivant, tel que le vaccin contre la grippe ou le vaccin contre le pneumocoque. Il en va de même pour d’autres vaccins non vivants, tels que le vaccin contre la coqueluche ou le vaccin contre le papillomavirus humain. Si par mégarde, cet intervalle de 14 jours n’était pas respecté et était plus court, les vaccins administrés restent efficaces et il n’est pas nécessaire de procéder à une nouvelle vaccination.

Cela permet d’attribuer les éventuels effets secondaires au bon vaccin.
 

17. Les vaccins à ARNm peuvent-ils modifier l’ADN ?

Non, les vaccins à ARNm sont administrés par voie intramusculaire et l’ARNm est absorbé par un certain nombre de cellules humaines. L’ARNm ne pénètre pas dans le noyau de la cellule et ne pourra donc pas entrer en contact avec l’ADN humain. L’ARNm est un code de lecture pour la production d’une protéine, la protéine S. La cellule humaine est capable de déchiffrer ce code et n’a pas besoin de l’intervention de son ADN pour ce faire. Après décodage, la cellule humaine produira la protéine S, de sorte à permettre au système immunitaire de fabriquer des anticorps spécifiques contre la protéine S. L’ARNm disparaît déjà de l’organisme après quelques heures.
 

18. Quels sont les effets secondaires du vaccin ?

Comme pour les autres vaccinations, on constate des effets secondaires locaux et généraux. Ils augmentent légèrement après l’administration de la seconde dose de vaccin et disparaissent d’eux-mêmes dans les 48 heures. Il s’agit de douleurs, de rougeurs, de raideurs musculaires au point d’injection et, dans certains cas, de fièvre, de fatigue et de nausées.
 

19. Que se passe-t-il en cas d’effets secondaires graves ?

Même si un vaccin a été approuvé, l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) continuera à surveiller le vaccin et les études. Tout comme elle le fait pour les médicaments ou les autres vaccins. Chaque médicament ou vaccin a en effet des effets secondaires mais la plupart sont légers ou de courte durée.

Si une personne souffre d’effets secondaires - mentionnés ou non dans la notice – après avoir été vaccinée, ces effets secondaires peuvent être signalés à l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). Des experts de l’AFMPS évalueront ces effets secondaires. Ces résultats seront également partagés dans le monde entier. La collecte de données à grande échelle permet de découvrir plus rapidement les éventuels signaux d’effets secondaires.

Si un effet secondaire rare se produit ou si un médicament ou un vaccin connaît un problème de qualité, l’AFMPS évaluera dans ce cas la situation et prendra les mesures nécessaires : en adaptant la notice ou en mettant en garde les prestataires de soins de santé, par exemple. Dans les cas extrêmes, le médicament ou le vaccin sera retiré du marché.
 

20. Les personnes ayant été malades doivent-elles se faire vacciner ?

Après avoir eu la COVID-19, on est protégé pendant quelques mois, mais comme des réinfections ont été constatées durant ce laps de temps, la vaccination sera donc proposée aux personnes ayant eu la COVID-19. On s’attend à ce que la protection offerte par la vaccination soit plus longue que la protection développée après avoir fait la maladie. Cette question fait actuellement l’objet d’études plus approfondies.
 

21. Est-ce que je peux encore contaminer d’autres personnes à la COVID-19 si j’ai été vacciné ?

Les résultats des études de la phase 3 montrent que les vaccins contre la COVID-19 protègent contre l’infection (confirmée par un test PCR) et contre la maladie et ses complications. La question de savoir si une personne vaccinée est moins susceptible de contaminer d’autres personnes fait toujours l’objet de recherches complémentaires. Sur base d’expériences réalisées sur des singes, on part du principe que la vaccination influe sur le nombre de jours durant lesquels une personne est contagieuse. En outre, en agissant sur les symptômes tels que les éternuements et la toux, la vaccination aura également un effet sur la transmission.
 

22. Pendant combien de temps le vaccin me protège-t-il de la COVID-19 ?

Durant l’infection, le virus affecte une partie du système immunitaire. En conséquence, la fabrication d’anticorps est partiellement compromise. On ne peut donc pas faire une simple comparaison entre la situation après l’infection virale et la situation après la vaccination. On sait qu’après l’infection, la protection dure quelques mois, et on s’attend à ce que cette protection soit plus longue après la vaccination. Les études de suivi sur les personnes vaccinées donneront prochainement plus de précisions à ce sujet. À l’heure actuelle, on ne sait pas si des vaccinations de rappel seront nécessaires.


23. Où trouver toute l’information utile sur ce vaccin et à qui vous adresser pour toute question ?

Vous trouverez une information constamment mise à jour selon les dernières informations scientifiques disponibles sur les sites suivants :

Votre médecin traitant reste évidemment votre interlocuteur privilégié. Les médecins du travail de Cohezio sont aussi à votre disposition en cas de question.