Testing COVID 19 : le travail de l’ombre
Service 08 juin 2020

Testing COVID 19 : le travail de l’ombre

Retour début avril 2020. Le confinement a débuté depuis plus de trois semaines. Si certains de nos collaborateurs sont encore à apprivoiser le télétravail, d’autres vont devoir retourner sur le terrain. Et pour cause : on a besoin d’eux pour réaliser des milliers de tests COVID dans les maisons de retraite d’abord, dans les centres résidentiels pour personnes handicapées et les centres d’accueil pour personnes souffrant de troubles psychiatriques ensuite.


Récit en forme d’hommage à toutes celles et tous ceux chez Cohezio qui ont participé à cette campagne hors normes

Fin mars, le gouvernement fédéral annonce que des tests par dizaines de milliers devaient être faits, notamment dans les maisons de repos.

A ce moment, on ne connaît pas encore l’ampleur de l’épidémie. Tous les jours, les chiffres belges de la surmortalité ne cessent de grimper. C’est à ce moment-là que l’ambiance est la plus lourde et stressante, où chaque personne est suspecte d’être porteuse du virus ou pas. Les régions sont chargées d’organiser le testing massif sur le terrain. Elles procèderont de manière différente. Mais Cohezio y jouera un rôle dans chacune.

Du côté wallon, l’AVIQ – l’agence pour une vie de qualité - contacte Cohezio. Pour cette mission, elle souhaite s’appuyer sur l’ensemble des  SEPPT. Cohezio est rapidement désigné comme SEPPT coordinateur pour la Wallonie. En d’autres mots : Cohezio reçoit l’ensemble des tests nécessaires (fournis par le fédéral) et organise leur répartition entre Services Externes. Chaque SEPPT va ensuite tester le personnel (et parfois aussi les résidents, quand le besoin est exprimé par les directions d’institutions) de ses institutions clientes.


Cohezio, coordinateur des SEPPT en Wallonie

Vu l’ampleur de la tâche, il faut un espace dédié à ce travail de coordination. Au rez-de-chaussée du siège social à Madou, à Bruxelles, la salle Academy, initialement dédiée aux formations, est mobilisée comme QG du testing. Il était convenu que l’AVIQ envoie la liste des institutions à tester une semaine avant que le personnel médical de tous les SEPPT ne se rende sur place. D’un point de vue calendrier, c’est jouable. D’un point de vue pratique, nous recevons souvent cette liste le vendredi soir. C’est court quand on sait qu’il faut organiser les équipes qui seront envoyées sur le terrain le mardi matin suivant. Avant de communiquer quoique ce soit, nos Operations Managers repassent sur cette liste pour la rendre plus lisible. Elle est en effet très technique et pourrait faire perdre un temps précieux et, pire, induire des erreurs.  Or des erreurs, ce n’est vraiment pas le moment d’en faire.

Une fois cette liste partagée à tous les SEPPT, en interne, notre Management médical réalise un travail en amont pour préparer ses collègues infirmiers et médecins à assurer les tests. D’abord, comment réaliser correctement ce test ? Les gestes doivent être précis pour ne pas blesser les patients. Un tutoriel est fourni aux équipes médicales. Ensuite, le management prépare chaque jour les inscriptions des institutions sur la plateforme CyberLab. Cette étape administrative est décisive pour que le suivi des résultats se fasse dans les meilleures conditions. 

Dans chaque zone, cela s’agite aussi beaucoup. Nos Zone Managers (ndlr : responsables de zone) wallons reçoivent ces listes et doivent, dans un temps record, réorganiser le planning de leurs collaborateurs, médecins et infirmiers.


Les tests livrés tous les jours

Des dizaines de caisses contenant les tests sont livrées tous les jours au 1-8 bd Bischoffsheim, 1000 Bruxelles. Généralement, les livraisons arrivent en deux vagues, à midi et à 15 heures. A partir de ce moment-là, c’est l’effervescence. Les services de la logistique des différents services externes viennent chercher leur matériel. Chez nous aussi, notre service « Facility » parcourt des centaines de kilomètres pour porter les caisses des tests que nos équipes doivent réaliser.

Tout semble fonctionner comme sur des roulettes, or le stress ne retombe pas. On rapporte que des écouvillons sont de mauvaises qualité. Il arrive aussi que la quantité de tests livrée ne soit pas suffisante. Quant à la qualité des équipements de protection individuels fournis avec les kits de dépistage, elle peut être médiocre…  Problème numéro 1 : pas question de travailler avec des tests défectueux. Un jour, ce sont plus de trente caisses qui sont renvoyées pour les remplacer par des tests de qualité. Problème numéro 2 : 400 tests supplémentaires sont livrés afin d’éviter d’être à flux tendu. Problème numéro 3 : nos équipes se démènent pour trouver fournir des EPI complémentaires.

Le lendemain, tandis que ce travail en amont de la réalisation des tests recommence, des équipes médicales prennent le relais et se rendent dans les différentes institutions indiquées sur la liste. Quelques équipes médicales nous ont envoyé des photos, avec des sourires qu’on devine derrière les masques. Mais tout ne s’est pour autant pas toujours déroulé avec légèreté. Dans les institutions, certaines personnes étaient véritablement en détresse. Résidents, mais aussi membres du personnel. Ces tests, ce n’étaient pas seulement des gestes techniques et médicaux...


En région flamande, une toute autre organisation

Du côté de la Flandre et de la région de Bruxelles-Capitale, Cohezio est également intervenu mais de manière différente. Les autorités régionales n’ont pas délégué la coordination du testing aux SEPPT, préférant laisser aux institutions le choix de qui procèderait aux tests. Cela a contraint nos équipes à beaucoup travailler dans l’urgence. Il est arrivé que contact soit pris avec des clients moins de 24h avant l’intervention sur place… Avaient-ils reçu les tests à réaliser ? Disposaient-ils de moyens de protection pour l’équipe médicale ? Avaient-il un registre du personnel ? Leur numéro national ? …

Sur place chez nos clients, nous retrouvons nos infirmières et infirmiers, épaulés par un médecin du travail. Certains de nos collègues ont enchainé les journées de travail au-delà de la norme. Leur dévouement et leur professionnalisme, malgré la fatigue, suscitent l’admiration.

Puis, dans les 48 heures, les résultats tombent sur la plateforme CyberLab. Il s’avère que peu de tests sont positifs. Nos médecins du travail prennent alors le téléphone et contactent un à un ces travailleurs testés positifs et/ou un confrère de l’institution pour parler de la situation et de ce qu’il convient de faire pour la santé et la sécurité de tous.


Une épreuve et une cohésion historique

C’était la course, tous les jours. Le samedi se confondait avec le vendredi, le 1er mai avec un jour de semaine normal, avec plus de 17 institutions à visiter ce jour-là. Le lundi 8 juin, aura été (normalement) le dernier jour d’intervention pour les équipes de Cohezio dans le cadre de ces dépistages massifs. S’il y aura eu des situations compliquées qui auront poussé bon nombre de collaborateurs à puiser dans leurs ressources, il en sera aussi ressorti quelque chose de très beau :  une incroyable solidarité entre toutes les équipes, soudées par une cohésion qui a résisté à cette épreuve inédite.

La Belgique a longtemps applaudi à 20 heures les personnes qui continuaient d’aller sur le terrain. Notre personnel en a fait partie. Aujourd’hui, nous applaudissons encore plus fort pour les en remercier et pour vous remercier aussi, chers clients, de votre collaboration dans ces moments difficiles, car c’est aussi grâce à vous que tout cela a été rendu possible.

 

16.197 tests

Au total, Cohezio a réalisé 16.197 tests !

Cette campagne de testing a débuté le 15 avril dernier simultanément dans les maisons de repos des trois régions du pays avec respectivement 8.544 tests effectués dans 157 établissements du côté de la région wallonne, 1.250 tests réalisés dans 15 institutions à Bruxelles et côté Flandre, ce sont 2.000 tests qui ont été réalisés dans 16 structures. Cette première phase du testing s’est achevée début mai en Wallonie et fin mai pour Bruxelles et la Flandre. 

Suite aux maisons de repos, nos équipes se sont rendues tout de suite après dans les structures d’accueil du secteur de l’handicap où en Wallonie 2.795 tests ont été réalisés dans 58 établissements. En Flandre, un seul institut a été concerné avec 140 tests. A Bruxelles par contre, nous n’avons pas fait de tests dans le secteur de l’handicap mais bien auprès de personnes sans domicile fixe. Nos collaborateurs se sont ainsi rendus dans 11 endroits différents pour tester 950 personnes.

Enfin, cette campagne de testing prendra fin le 8 juin prochain avec les institutions psychiatriques, où en Wallonie, nous aurons testé 492 personnes dans 19 structures différentes et à Bruxelles, 26 tests dans 2 instituts.
Valérie Neysen – Communication Officer
Fabienne Defrance – Sales & Communication Directeur