11 June 2026
Nos formes de travail actuelles facilitent grandement la connexion, que ce soit grâce à la digitalisation qui nous permet d’être joignables et flexibles en permanence (par ex. consulter rapidement quelques e-mails ou messages sur son smartphone avant de partir au travail ou une fois les enfants couchés), grâce au télétravail (on peut travailler à partir de n’importe quel endroit) ou grâce à la mondialisation (par ex. les services et la vente en ligne, la collaboration entre personnes se trouvant dans des fuseaux horaires différents).
Le constat est clair : la frontière entre vie privée et vie professionnelle s’estompe de plus en plus. D’une part, nous disposons de la liberté et de l’autonomie de travailler à tout moment et de n’importe où. D’autre part, une utilisation excessive des outils de communication numériques peut avoir des conséquences négatives sur la santé, les relations professionnelles et l’efficacité au travail.
Mais comment faire pour se déconnecter ?
La réglementation vise clairement à s’adapter à ces nouvelles formes de travail.
Par exemple, la loi de relance du 26 mars 2018 prévoit que l’employeur organise, à des intervalles réguliers et à chaque fois que les représentants des travailleurs au sein du Comité (= Comité pour la prévention et la protection au travail), le demandent, une concertation au sujet de la déconnexion du travail et de l’utilisation des moyens de communication digitaux.
Le Deal pour l’emploi (repris dans la loi du 3 octobre 2022 et en vigueur depuis janvier 2023) va un peu plus loin et prévoit un droit à la déconnexion. Les employeurs comptant au moins 20 travailleurs sont tenus de fixer, au niveau de l’organisation, des dispositions relatives au droit à la déconnexion et à l’utilisation des outils numériques.
D’une part, l’employeur est tenu de définir des accords pratiques garantissant la déconnexion, et de souligner explicitement que le travailleur a le droit de ne pas se connecter en dehors des heures de travail (congés, week-ends, soirées, pauses, etc.). À cet égard, il doit établir des directives concernant l’utilisation des outils de communication numérique professionnels.
D’autre part, l’employeur doit mettre en place des actions de formation et de sensibilisation par rapport à l’utilisation raisonnée des outils numériques et aux risques liés à une connexion excessive, tant à l’intention des travailleurs que du personnel dirigeant.
Ces accords doivent être intégrés dans une convention collective de travail ou dans le règlement de travail. (Si une convention collective de travail rendue obligatoire a été conclue au niveau sectoriel en matière de déconnexion, l’obligation de conclure une convention collective de travail à ce sujet au niveau de l’entreprise ou d’intégrer des dispositions à ce sujet dans le règlement de travail cesse d’être applicable.)
Le Deal pour l’emploi est en vigueur depuis janvier 2023. Après trois ans de mise en œuvre, il est judicieux d’évaluer votre politique en matière de déconnexion ! Il y a différentes manières de procéder, par exemple par l’intermédiaire du CPPT ou d’un groupe de travail, ou encore à l’aide d’une brève enquête adressée aux travailleurs ou intégrée dans l’analyse des risques psychosociaux.
Tenez compte des points suivants :
Veillez à ce que votre politique soit mise en pratique !
Conseil : faites appel à Cohezio pour vous accompagner dans l’élaboration et l’évaluation de votre politique, ainsi que dans la mise en place de ces formations !
La formation Déconnexion : un outil de management responsable de la băo academy peut vous y aider. Elle permet aux responsables d’équipe de mieux comprendre les effets psychosociaux de l’hyperconnexion, d’identifier les signaux de surcharge numérique et de mettre en place des règles claires et réalistes pour favoriser la déconnexion au sein de leur équipe. Une manière concrète de faire vivre votre politique sur le terrain, tout en soutenant durablement le bien-être au travail.
La déconnexion n’est pas un simple « plus », mais un élément essentiel d’un travail viable. Des accords clairs sont nécessaires, mais ils ne font vraiment la différence que lorsqu’ils sont appliqués au quotidien, dans la manière dont les collègues communiquent, dont les supérieurs hiérarchiques montrent l’exemple et dont les équipes définissent ensemble ce que signifie réellement la disponibilité. De cette façon, la déconnexion devient non seulement un droit légal, mais surtout un levier concret pour une plus grande sérénité d’esprit, une meilleure collaboration et un équilibre plus sain entre vie professionnelle et vie privée.
Article rédigé par Carelle Bondroit, Process Manager Psychosocial Risk Management