24 avril 2026
Une nouvelle règle s’applique depuis le 1er janvier 2026. Lorsqu’un travailleur est malade pendant au moins huit semaines consécutives, l’employeur est tenu de faire vérifier si ce travailleur peut éventuellement effectuer un travail adapté ou un autre travail. C’est ce qu’on appelle l’évaluation du potentiel de travail. Cet article vous explique le fonctionnement des choses et vous dévoile ce que nous apprennent les premiers chiffres.
Le potentiel de travail est une évaluation. Un travailleur malade peut-il éventuellement effectuer un travail adapté ou un autre travail ? C’est la question centrale de cette évaluation. Il ne s’agit pas d’un contrôle médical. Il ne s’agit pas non plus de vérifier si la personne est réellement malade. L’objectif est simple : déterminer si un retour au travail pourrait être possible et, dans l’affirmative, démarrer un trajet de réintégration.
Oui. Petite ou grande entreprise, privée ou publique : tous les employeurs sont concernés par cette règle. Mais attention : cette obligation s’applique uniquement aux travailleurs qui sont en incapacité de travail depuis le 01/01/2026 et qui sont en incapacité de travail ininterrompue depuis au moins 8 semaines.
Les personnes qui étaient déjà en congé de maladie avant cette date ne sont pas concernées par cette nouvelle obligation. Si, en tant qu’employeur, vous souhaitez tout de même lancer un trajet de réintégration, vous devez obtenir l’accord préalable de votre travailleur ou demander d’abord l’évaluation de son potentiel de travail.
Si, en tant qu’employeur, vous savez que votre travailleur reprendra le travail rapidement, c.-à-d. avant les 6 mois d’incapacité de travail (par exemple à la suite d’une opération), vous n’avez en principe pas besoin de demander d’évaluation du potentiel de travail. Mais il ne faut pas non plus attendre qu’il soit trop tard.
Vous pouvez introduire la demande à partir de huit semaines de maladie, il n’est pas possible de le faire plus tôt. Vous pouvez le faire plus tard, mais il vaut mieux ne pas trop attendre.
Chez Cohezio, nous recommandons d’introduire la demande avant les quatre mois et demi de maladie. Cinq mois constituent la limite absolue. Pourquoi ? Parce que l’évaluation en tant que telle peut prendre jusqu’à un mois. Et s’il existe un potentiel de travail, le trajet de réintégration doit légalement débuter avant les six mois de maladie.
L’employeur demande l’évaluation via un formulaire de demande ou via Cohezio4U. Veillez à y indiquer le numéro de téléphone privé du travailleur, faute de quoi, Cohezio ne sera pas en mesure de le joindre. Vous trouverez tous les documents nécessaires sur cohezio.be.
Le travailleur recevra ensuite une invitation à un entretien téléphonique avec un infirmier du travail de Cohezio. Cette invitation contient également un lien vers un questionnaire numérique. Il est préférable que le travailleur le remplisse avant l’entretien. En cas de difficultés à répondre au questionnaire, le travailleur peut demander de l’aide à un membre de la famille, un ami ou une connaissance. Si ce n’est pas possible, notre infirmier du travail lui posera les questions les plus pertinentes durant l’entretien.
Chez Cohezio, nous ne nous basons pas exclusivement sur le questionnaire, nous optons en connaissance de cause pour un entretien, ce qui permet à l’infirmier d’approfondir les réponses ou de poser les questions essentielles au cas où le questionnaire n’a pas encore été complété.
À l’issue de l’entretien a lieu l’évaluation : le travailleur dispose-t-il ou non d’un potentiel de travail ? L’employeur et le travailleur reçoivent tous deux la décision par écrit.
En outre, le travailleur est informé au préalable de la nature et de l’objectif de cet entretien. Afin d’éviter toute méfiance, nous expliquons clairement qu’il ne s’agit pas d’un contrôle. Cet entretien constitue toutefois une première étape, caractérisée par une approche chaleureuse et humaine, vers un possible retour au travail qui pourra être mis en œuvre au travers d’un trajet de réintégration.
Tout dépend de la taille de l’entreprise :
Cela fait quelques mois que Cohezio pratique l’entretien personnel, et cela porte clairement ses fruits.
Dans presque 60 % des entretiens, la conclusion initiale « pas de potentiel de travail » a été rectifiée à la suite de l’entretien téléphonique pour passer à « il existe un potentiel de travail ». Les travailleurs qui, sur papier, se trouvaient dans une zone grise ont donc tout de même obtenu un résultat positif suite à l’entretien. C’est précisément pour cette raison que Cohezio opte pour un contact personnel.
Nos infirmiers du travail perçoivent cette procédure de manière positive. Ils constatent également que les travailleurs font preuve d’ouverture pendant l’entretien. Nous n’aurons une vision complète de la situation que plus tard, au fur et à mesure que les trajets de réintégration progresseront, et nous pourrons voir si cette approche conduit également à des reprises du travail plus efficaces.
La détermination du potentiel de travail est quelque chose de nouveau, mais la logique qui la sous-tend ne l’est pas. Plus tôt vous savez si un retour au travail pourrait être possible, mieux vous pouvez vous y préparer en tant qu’employeur. Et mieux le travailleur pourra être accompagné. Nos premiers chiffres montrent qu’un entretien personnel fait toute la différence à cet égard. Si vous vous posez des questions sur cette procédure, contactez votre conseiller en prévention-médecin du travail de Cohezio.
Article rédigé en collaboration avec le Dr Eddie De Block, Medical Director chez Cohezio, et le Dr Lieve Mussen, Medical Manager Flandre.