Le nombre de personnes se rendant au travail à vélo a presque doublé, mais qu’est-ce que cela signifie en termes de santé et de salaire ?

La vague de cyclistes sur les routes belges n’est pas un hasard. Notre statut de pays hôte de grandes courses cyclistes y est pour quelque chose, et les succès des champions belges incitent aussi beaucoup de Belges à bouger. Mais il y a d’autres raisons au fait que les travailleurs sont de plus en plus nombreux à choisir délibérément de se rendre au travail à vélo.

Les chiffres de SD Worx et du gouvernement fédéral notamment confirment cette tendance. Se rendre au travail à vélo a le vent en poupe. Mais quels bénéfices en tire-t-on réellement ? Pour le corps, l’esprit et le portefeuille ?

De la Belgique, pays des courses cyclistes, à la Belgique, pays du vélo ?

Le glissement vers l’utilisation du vélo est clairement visible dans les chiffres. Des analyses récentes de SD Worx montrent qu’au premier semestre 2025, près de deux fois plus de travailleurs se rendaient au travail à vélo (et percevaient une indemnité vélo) par rapport à 2019. Cette analyse se base sur les trajets domicile-travail enregistrés de plus de 185 000 travailleurs, sur un échantillon de 1,2 million de travailleurs du secteur privé belge.

Début 2025, un travailleur sur huit (13 %) se rendait déjà au travail à vélo tout en bénéficiant d’une indemnité. Fait marquant : cette proportion était plus élevée qu’à n’importe quel moment de l’année 2024, même pendant les mois d’été, qui sont traditionnellement des mois plus marqués par la pratique du vélo. En mai 2025, ce chiffre a encore augmenté pour atteindre 14 %, contre seulement 7 % en 2019.

Cette évolution s’inscrit dans une tendance à long terme plus large. L’enquête fédérale sur les déplacements domicile-travail 2024-2025 montre que la part modale du vélo dans les trajets domicile-lieu de travail a plus que doublé en 20 ans : on est passé de 7,8 % en 2005 à 16,5 % en 2024.
Au niveau régional, l’écart reste toutefois important :

  • Flandre : 24 % des travailleurs se rendent au travail à vélo
  • Bruxelles : 9,4 %
  • Wallonie : 3,3 %

Le rôle des employeurs évolue également fortement. En 2025, un employeur sur trois (33 %) proposait une indemnité vélo, contre 17,85 % en 2019. En six ans, ce chiffre aura donc presque doublé.

Par ailleurs, une proportion plus importante de femmes (17 %) que d’hommes (14 %) choisit aujourd’hui le vélo comme moyen de transport domicile-lieu de travail.

Est-ce vraiment si bon pour le corps et l’esprit ?

Oui, se rendre au travail à vélo est vraiment bon pour le corps et l’esprit.

Après une journée de travail bien remplie, faire du vélo aide à évacuer le stress : on bouge, on respire de l’air frais et l’esprit s’apaise. Ce n’est pas qu’une sensation. Des études sur les déplacements actifs montrent que les gens se sentent moins tendus et plus frais mentalement après un trajet à vélo qu’après un trajet en voiture ou en transports en commun.

Lorsqu’on fait du vélo, le corps produit des hormones du bonheur, comme la dopamine, qui contribuent à améliorer l’humeur et la résilience mentale. Faire régulièrement du vélo peut ainsi aider à prévenir le stress, le burnout et l’humeur dépressive. On en remarque également les effets au travail : les personnes qui font de l’exercice parviennent souvent à mieux se concentrer et restent plus alertes.

Si vous aimez connaître le nombre de kilomètres que vous parcourez à vélo, vous pouvez utiliser des outils numériques tels que Vity, une application qui permet de voir où on en est en termes d’activité physique et qui rend l’activité accessible, même avec un emploi du temps chargé.

La sécurité avant tout. Que faut-il savoir ?

Plus de cyclistes sur la route signifie aussi plus d’attention pour la sécurité. Les chiffres de VIAS montrent que cette attention est justifiée et que la situation reste nuancée.

En Flandre, on observe globalement une évolution positive en matière de sécurité routière, notamment grâce à des mesures prises au niveau de l’infrastructure et à des limitations de vitesse. Dans le même temps, des chiffres récents indiquent que le nombre d’accidents corporels impliquant des vélos électriques est en hausse.
Concrètement, en 2025, VIAS a enregistré une augmentation de 16,5 % en un an du nombre d’accidents corporels, de victimes et de blessés impliquant au moins un cycliste électrique, par rapport à 2024.

La hausse est également marquée pour les trottinettes électriques. Le nombre d’accidents corporels, de victimes et de blessés impliquant au moins une trottinette électrique a augmenté d’environ 30 % en Belgique en un an. Ce constat souligne l’importance de disposer de règles claires, de se rendre visible et d’adopter un comportement conscient des risques, surtout en milieu urbain où le revêtement routier et l’infrastructure jouent également un rôle.

Pour les cyclistes (et les utilisateurs de trottinettes électriques), le message reste clair : prendre quelques mesures de précaution simples fait une grande différence :

  • porter un casque de vélo
  • s’assurer d’avoir un bon éclairage
  • augmenter sa visibilité
  • adapter sa vitesse afin de pouvoir anticiper par rapport aux autres usagers de la route et à l’état de la chaussée…

Vous trouverez sur le site web de Cohezio des conseils pratiques et accessibles pour vous rendre au travail à vélo en toute sécurité : https://www.cohezio.be/fr/actualites/aller-au-travail-a-velo-en-toute-securite/

Qu’est-ce que cela rapporte ? L’indemnité vélo expliquée

Se rendre au travail à vélo, c’est non seulement bon pour la santé, mais cela peut aussi s’avérer intéressant financièrement. Se rendre au travail à vélo donne en effet droit à une indemnité vélo.

Aujourd’hui, il existe en Belgique une obligation générale de verser une indemnité vélo au travailleur dans le cadre des trajets domicile-lieu de travail :

  • Dans certains secteurs ou certaines entreprises, des accords ont été conclus concernant le versement d’une indemnité vélo. Au sein du secteur ou de l’entreprise, il y a alors l’obligation pour l’employeur de verser une indemnité vélo. Depuis le 1er janvier 2026, l’intervention maximale, exonérée de cotisations ONSS et d’impôts, s’élève à 0,37 € par kilomètre.
  • Si, au sein du secteur ou de l’entreprise, rien n’a été prévu concernant le paiement d’une indemnité vélo, l’employeur est alors soumis à une obligation générale de verser une indemnité. Il s’agit d’une règle générale complémentaire qui a été intégrée dans la CCT n° 164. Dans ce cas, l’employeur est tenu de verser une indemnité de 0,30 € par kilomètre.

Selon SD Worx, l’indemnité vélo moyenne s’élève à environ 45 euros nets par mois. Fin juillet 2025, l’indemnité vélo totale moyenne s’élevait déjà à environ 350 euros pour l’année 2025. La médiane se situe autour de 200 euros, ce qui signifie que la moitié des cyclistes se situe en dessous de ce montant et l’autre moitié au-dessus.

De plus, l’indemnité vélo est déjà bien implantée dans certains secteurs, avec en tête les soins de santé et les services sociaux (28 %), l’industrie (19 %), la distribution d’eau et la gestion des déchets (17 %), l’administration publique et la défense (15 %), et les autres services (15 %).

Conclusion : les freins à enfourcher son vélo n’ont jamais été aussi faibles

Les freins à enfourcher son vélo pour aller au travail n’ont jamais été aussi faibles.
L’indemnité vélo existe, des informations claires sur la sécurité sont disponibles et les infrastructures cyclables s’améliorent progressivement.

Le vélo ne doit pas nécessairement être une question de tout ou rien. L’utiliser ne fût-ce qu’un ou deux jours par semaine fait déjà une différence, tant pour la santé que pour le bien-être à long terme.

Chez Cohezio, nous voyons plus loin que le lieu de travail uniquement. La prévention commence sur le trajet domicile-lieu de travail. Se rendre au travail à vélo en toute sécurité et en connaissance de cause, c’est faire un pas important vers un bien-être durable au travail.

Sources