back-arrow 21 September 2026

Malades de longue durée : un appel téléphonique triple les perspectives de retour au travail, selon des premiers chiffres belges

Une analyse de plus de 6.700 demandes d’estimation du potentiel de travail révèle qu’un simple entretien téléphonique permet d’identifier trois fois plus de possibilités de reprise qu’un questionnaire seul.

Depuis janvier 2026, la nouvelle réglementation sur le retour au travail des malades de longue durée est entrée en vigueur. Cohezio, l’un des principaux services externes de prévention en Belgique, publie aujourd’hui les premiers résultats terrain issus de cette réforme.

L’analyse de plus de 6.700 demandes traitées depuis mars 2026, auprès de 678 entreprises représentant environ 550.000 travailleurs, révèle qu’un simple entretien téléphonique permet d’identifier un potentiel de reprise chez davantage de travailleurs qu’un questionnaire seul.

Concrètement, alors que le questionnaire standardisé identifie un potentiel positif dans 15 % des cas, ce taux atteint 46 % lorsqu’il est complété par un échange individuel avec un infirmier du travail. Ces résultats ne signifient pas que davantage de travailleurs reprennent effectivement leur activité. Ils montrent en revanche qu’une partie importante d’entre eux conserve des perspectives de retour au travail qui n’apparaissent pas toujours dans un questionnaire.

L’objectif de l’entretien téléphonique supplémentaire n’est pas d’évaluer l’état de santé du travailleur, mais d’explorer avec lui les possibilités concrètes d’une reprise : progressive, adaptée, à temps partiel ou dans une autre fonction lorsque cela s’avère nécessaire.

Des résultats significatifs après six mois

Sur les 6.700 demandes d’évaluation traitées depuis mars 2026, plusieurs tendances émergent :

  • le taux de potentiel positif passe de 15 % à 46 % lorsque le questionnaire est complété par un entretien téléphonique ;
  • 52 % des dossiers considérés comme négatifs sur la base du questionnaire présentent finalement un potentiel positif après l’entretien ;
  • 49 % des dossiers sans score exploitable (questionnaire non complété) révèlent également un potentiel de reprise grâce à la conversation avec l’infirmier ;

Pourquoi l'entretien fait-il la différence ?

Selon Cohezio, la différence s’explique par la nature même de l’échange. Alors que le questionnaire mesure essentiellement la perception qu’a le travailleur de sa situation actuelle, l’entretien permet d’aborder les possibilités concrètes d’un retour au travail et d’explorer différents scénarios de reprise. Dans de nombreux cas, le dialogue aide les travailleurs à envisager des perspectives qu’ils n’avaient pas identifiées eux-mêmes.

« Ces résultats ne montrent pas que les travailleurs retournent tous au travail. Ils montrent qu’il existe souvent davantage de possibilités qu’on ne le pense lorsqu’on prend le temps d’échanger avec eux sur leur situation et leurs perspectives. »

Evelyne Kerger, médecin et directrice générale chez Cohezio

 

Pour Cohezio, les premiers résultats observés montrent qu’un accompagnement humain précoce peut constituer un levier important dans cette réflexion. L’identification d’un potentiel de reprise ne constitue qu’une première étape.

La concrétisation d’un retour durable au travail dépend ensuite de nombreux facteurs : l’état de santé du travailleur, son projet professionnel, la capacité de l’employeur à adapter un poste ou à proposer une autre fonction, ainsi que la collaboration entre les différents acteurs impliqués dans le processus. Le service de prévention, le médecin traitant, l’employeur, la ligne hiérarchique et le travailleur lui-même ont chacun également un rôle déterminant à jouer, selon Cohezio.

Contact presse

Fabienne Defrance
0499/58.83.00