17 September 2026
Vous avez un travail de bureau du lundi au vendredi, mais le soir ou le week-end, vous cumulez un petit boulot dans un restaurant ou un magasin. De plus en plus de personnes combinent leur emploi fixe ou leur pension avec un flexi-job. Le système a été considérablement assoupli ces dernières années et s’avère très attractif sur le plan financier. Mais qu’en est-il de votre protection en tant que travailleur flexi-job ?
Le flexi-job existe depuis décembre 2015. À l’origine, il était destiné aux personnes qui avaient déjà un emploi et souhaitaient exercer une activité complémentaire dans l’horeca ou le commerce de détail. Depuis 2018, les retraités peuvent également exercer un flexi-job. En 2024, le système a encore été élargi : aujourd’hui, on peut en principe exercer un flexi-job dans tous les secteurs, privés et publics. Une commission paritaire peut toutefois décider de se retirer du système, et certains secteurs imposent des conditions supplémentaires.
Sur le plan financier, le flexi-job est intéressant car le travailleur flexi-job ne paie ni cotisations de sécurité sociale ni impôts. Le salaire brut correspond donc au salaire net. En principe, il n’est pas non plus nécessaire de déclarer ces revenus séparément au fisc.
Vous ne pouvez exercer un flexi-job que si vous travaillez déjà au moins aux 4/5e d’un temps plein auprès d’un ou de plusieurs autres employeurs. Cette condition doit être remplie au cours du troisième trimestre précédant celui où vous exercez le flexi-job, et elle est contrôlée chaque trimestre par la sécurité sociale. Cette condition ne s’applique pas aux personnes pensionnées. En effet, un retraité est autorisé à exercer un flexi-job dès le trimestre où sa pension prend effet.
Il n’est toutefois pas possible d’exercer un flexi-job auprès de son propre employeur. Si vous travaillez à temps plein dans une entreprise, vous pouvez cependant exercer un flexi-job dans une entreprise qui lui est liée (société sœur), sauf si vous disposez déjà d’un contrat à 4/5e dans cette même entreprise. Dans le secteur de l’intérim, la même agence d’intérim peut vous employer à la fois en tant qu’intérimaire et en tant que flexi-jobber, à condition que ce ne soit pas auprès du même utilisateur.
Vous signez deux contrats. Avant votre première occupation, vous signez un contrat-cadre écrit reprenant les conditions générales de votre flexi-job ; cela n’est pas nécessaire si vous passez par une agence d’intérim. Lorsque votre employeur fait ensuite appel à vous, vous concluez un contrat de travail flexi-job, pour une durée déterminée ou pour une mission clairement définie. Ce contrat peut être écrit ou oral et relève de la loi ordinaire sur les contrats de travail.
Votre salaire et vos conditions de travail sont régis par la commission paritaire de la branche dans laquelle vous travaillez : vous bénéficiez des mêmes primes, indemnités et avantages qu’un travailleur fixe relevant de cette même commission paritaire. Le salaire minimum prévu par la commission paritaire doit être respecté, avec un plafond fixé à 150 % du salaire minimum barémique. En plus de votre salaire flexi-job, vous percevez également un pécule de vacances flexi-job, correspondant à 7,67 % de ce salaire, versé en même temps que celui-ci.
Un contrat flexi-job est un contrat de travail à part entière, ce qui est donc une bonne nouvelle en matière de protection. Toutes les règles relatives à la durée du travail, aux jours fériés, au repos dominical, au travail de nuit et à la protection de la maternité s’appliquent à vous, au même titre qu’à un travailleur fixe.
En matière de sécurité sociale, votre employeur verse une cotisation spéciale de 28 % ; vous, en revanche, ne payez rien. Votre employeur doit toutefois effectuer une déclaration Dimona chaque trimestre, voire quotidiennement s’il s’agit d’un contrat oral.
Sur le plan fiscal, vos revenus issus d’un flexi-job restent exonérés tant que vous ne gagnez pas plus de 18 440 € en 2026. Si vous gagnez davantage, seul le montant dépassant ce plafond sera imposé. Pour les personnes ayant atteint l’âge légal de la pension, aucun plafond ne s’applique : elles peuvent percevoir des revenus complémentaires de manière illimitée.
Vous êtes également assuré contre les accidents du travail, au même titre que tout autre travailleur. Et la loi sur le bien-être s’applique pleinement : les mesures de prévention, les formations et les informations sont les mêmes que pour les travailleurs fixes, tout comme, le cas échéant, la surveillance de santé. Vous pensez être victime de violence, de harcèlement moral ou de harcèlement sexuel au travail ? Dans ce cas, tout comme n’importe quel travailleur fixe, vous pouvez demander une intervention psychosociale formelle auprès du conseiller en prévention-aspects psychosociaux de votre employeur.
Un flexi-job est financièrement intéressant, mais reste avant tout un contrat de travail à part entière. Cela signifie : la même protection en matière de durée du travail, de surveillance de santé et de prévention, ainsi que la même possibilité de faire appel au conseiller en prévention-aspects psychosociaux en cas de comportement inapproprié.
Les employeurs qui emploient des travailleurs en flexi-job ont donc tout intérêt à leur faire bénéficier du même suivi rigoureux que celui qu’ils assurent à leur personnel fixe.
Vous souhaitez vérifier si votre politique de prévention couvre correctement vos flexi-jobbers ? Nos conseillers en prévention-aspects psychosociaux se feront un plaisir de vous aider.
Johan Van Middel
Juriste
Dries Van Cann
Documentalist
Loi du 28 juin 2026 portant des dispositions diverses concernant les flexi-jobs, Moniteur belge du 2 juillet 2026.